Projet ouvert · IA et facturation
Clockifai : le temps de Claude, mesuré comme celui d’un membre de l’équipe
En bref
- Le 6 novembre 2026 : 2 h 26 saisies à la main, et 8 h 39 couvertes par Claude, sur jusqu’à quatre projets en parallèle.
- Additionné projet par projet, le temps de Claude fait 12 h 18. À l’horloge, 8 h 39. Lequel facturer ?
- Clockifai est un outil libre de suivi du temps, auto-hébergé, avec un plugin pour Claude Code.
Une journée réelle
Voici ma journée du vendredi 6 novembre 2026, sur la page « Aujourd’hui » de Clockifai.

- Ma ligne : 2 h 26 saisies à la main, dont un rendez-vous.
- Les lignes de Claude : une par projet, jusqu’à quatre projets menés en parallèle. Fidwork, la migration de ce site, Vue 3D IGN, Clockifai lui-même, et deux missions plus courtes.
- Le bilan : 11 h 05 de travail pour une journée type de 7 h 30.
En haut de la capture, un chronomètre tourne sur « Refonte du site en propositions ». C’est la session de Claude qui a préparé cette page.
Le chiffre qui pose question
Additionné projet par projet, le temps de Claude ce jour-là fait 12 h 18. À l’horloge, ses sessions n’ont couvert que 8 h 39, parce qu’elles tournaient en même temps.
Lequel des deux compte ? C’est la question que j’ai posée sur LinkedIn, avec quatre réponses possibles :
- A. Le travail fait : 12 h 18, comme si plusieurs développeurs l’avaient produit.
- B. Le temps écoulé : 8 h 39 à l’horloge.
- C. Mon temps à moi : écrire les consignes, relire et tester. L’IA est un outil, comme mon éditeur ou mon compilateur.
- D. Aucun des trois : un forfait, ou la valeur livrée.
Le post a fait plus de 20 000 impressions et 30 commentaires. Les avis sont partagés, et c’est bien le sujet : le taux horaire a été pensé pour des humains qui ne travaillent pas en parallèle.
Ce que Clockifai sait déjà faire
- Claude est un membre de l’équipe. Un plugin pour Claude Code envoie les événements de chaque session. Claude apparaît dans l’équipe sous le nom « Claude · Yannick », à côté des humains.
- Claude range lui-même son temps. Chaque session nomme sa tâche et l’étape en cours, et peut se ranger dans le ticket du client.
- Pas de double compte. Une tâche menée par deux sessions de Claude en parallèle ne compte qu’une fois à la facture.
- Seuls les trous restent à saisir. La journée montre une ligne par projet pour Claude, et il ne reste à l’humain qu’à compléter ce qui manque.
Le temps de l’agent pourra être facturé comme celui d’un humain, ou pas du tout, avec une exception possible par projet. Mais un réglage ne tranche pas la question : il la laisse à chacun.
L’outil lui-même
Clockifai est un outil libre de suivi du temps, auto-hébergé et inspiré de Clockify :
- Une seule application Flutter, pour le web, iOS, Android et macOS, qui fonctionne hors connexion et se synchronise au retour du réseau.
- Un serveur en conteneurs Docker, à installer où l’on veut : chez OVHcloud, chez Scaleway, ou sur une machine chez soi.
- Tout ce qu’on attend d’un tel outil : chronomètres, feuilles de temps, équipes, rapports, absences, approbations et factures.
Le code est libre, sous licence MIT, sur GitHub. Le dépôt a été ouvert le 11 octobre 2026 : en moins de quatre semaines, il comptait 201 commits.
Ce que j’en retiens
L’IA ne fait pas que gagner du temps : elle change ce que veut dire « une heure de travail ». Avant de choisir un prix, il faut pouvoir mesurer ce que l’IA fait vraiment, projet par projet. C’est aussi vrai dans une entreprise : savoir où et comment les équipes utilisent l’IA est la première règle d’usage à poser.
Et vous, vous répondez A, B, C ou D ?

Yannick Simon, ingénieur Arts et Métiers, ancien DGA et CTO de Rue du Commerce. Il aide aujourd’hui les entreprises à piloter leur technique et leur usage de l’IA.
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